dimanche 14 juillet 2019

L'Archaïque dit le cheyenne

Un chat sauvage s'est éteint, une étoile s'est allumée.

Il transportait le ciel depuis trop longtemps
sur son manteau couleur sable,
Et ses yeux suffisaient pour le dire,
Car vous y lisiez notre galaxie
et toutes les promesses
qui nous sont adressées par delà
notre présent trop présent.
Il était le désert abritant la source d'eau vive.

L'archaïque avait traversé les âges et le temps
pour venir nous compter sa sagesse,
par son calme, sa gentillesse parfois même sa sensibilité…

S'il était sauvage et vigilant, il avait su baisser sa garde
Pour se livrer : un cœur de sage dans l'écrin d'un corps de chat ! Sa forme avait été choisie
pour son charme et sa force, il en résultait une étrange et subtile alchimie qui captivait votre pensée et votre émotion, car le cheyenne n'était pas un chat ordinaire, le cheyenne venait d'ailleurs, un ailleurs fait de montagnes  de cristal sculptées  dans la lumière du soleil bleu clair, ...  Saphir.

Ses yeux, son regard et le fond qu'ils abritaient resteront gravés dans notre mémoire et nos cœurs !

Merci Cheyenne, d'avoir croisé notre route,
Tu as quitté notre humble maison pour une plus belle demeure,
Tu nous as laissé un message d'espoir, de cœur,
Nous t'en sommes reconnaissants.
Cheyenne, continue ton voyage,
Nous, nous te gardons dans notre cœur.

Noune et Philippe.

dimanche 17 mars 2019

Poésie



Poésie,


Je t’ai prise au mot, tu m’as pris le cœur,
Ce soir où le mal en peine 
M’avait conduit à toi sur les toits de Paris,
Tout-là haut,

Où le ciel me confiait son Etoile ouverte aux pétales de ma vie.


Alors demain

Le  matin pourra se lever,
Je ne quitterai mon rêve que pour la retrouver, 
Te retrouver...

Au beau milieu d’un sonnet, d’une prose assoiffée,  
Etreinte de ton amour, de ta passion, 

Oh  volupté !

Poésie,  je t’écris sans conter
Pour entendre ta voix si, par chance,
Ton murmure, dans le silence,
Me chuchotait les rimes esseulées.

                             Philippe Belardi, Poésie, 17 mars 2019. Poème dédié à André Breton.







 

samedi 15 décembre 2018

Qui de nous deux


Qui de nous deux,

La Vie

Ce mot, ce nom accroché à une ficelle que le vent de mon existence ballote,

Une corde sur laquelle enfants nous avons tous joué à sauter,

Le feu follet que la main visible se refuse à  saisir,

Que nos bras trop courts renoncent à embrasser.
Qui de nous deux fera le premier pas

Qui de nous deux se rapprochera.

Inutile de prendre des chemins escarpés, risquer les précipices, tenter le diable,
Pour t'esquiver.  

Tu ne connais qu’une règle, ne respecte qu’un principe,

Te cacher, te dissimuler pour mieux  surprendre.

Est-ce un jeu que tu jouerais seule,

Une histoire que tu écrirais sans oser la chute

Que tu rattrapes à chaque bout de ligne,
Comme pour retisser à l’encre éternelle le motif de ton œuvre
Que j'imagine parce qu'il me serait défendu ?

Il faudra pourtant que tu termines ce que tu as commencé,
Que j’achève le poème puisque c’est dans cette langue
Que tu as choisi de te livrer à demi-mots,
Ceux que je dois recoller pour réparer tes secrets.

Il faudra bien que tu avances d’un demi-pas vers moi pour que je sente ton parfum qui me hante et se dissipera enfin
Dans ta lumière éclatante ! 

Qu’importe si tu te fais attendre, puisque tu as sculpté dans l’éternité le désir 
Qui chute dans le Temps.

L’Homme est "un poème que tu as commencé" nous dit le philosophe,
J'ajouterai qu'il est le Mythe que tu t’es créé,
Pour te contempler,
Un rêve qui pour nous hommes, est devenu notre réalité.

Sais-tu au moins qu’il n’y a rien de plus éternel et présent que le mythe,
Que la pensée toute entière s’abreuve à sa source pour se baigner dans son lit ?

Alors… moi qui suis ton premier rêve, ton premier acte d’amour,
J'irai cueillir dans la brume de ton sommeil 
Le mot précieux, pour te réveiller.

Qui de nous deux, décembre 2018,

Philippe Belardi « Dans le désir de Lettre(s) ».

dimanche 30 avril 2017

L'arbre dans le vent



Quelle peur agitait donc tes feuilles belles et tremblantes,
ballotées par le doux vent chaud
du printemps ?

Toi, l'arbre de soie,
Tu cachais sous ta peau de bois
Tout un monde intime,
Baignant dans la lumière
secrète,
De ton vert intact
Protégé du temps.

Ton âme cachée au plus profond de tes nervures,
indécelables au toucher,
Palpables seulement dans le mouvement
De ton élan,
Je l'ai vue, moi, s'agiter.

Là où l'ignorant ne vît qu'un arbre bouger,
L'innocent s'émut de voir le mariage du vent et du bois
Faire voler en éclat
Le silence étendu, arraché à son immobilité.

Qui  est ta danseuse invisible suspendue à tes bras de brindilles,
Toi l'Arbre qui te plie pour suivre ses pas incorruptibles ?
Toi qui te soumet à son rythme intense
Qui t'emmène loin de ta fixité verticale ?
Qui est-elle, cette belle colombe en robe de cristal
Qui t'a fait oublier le refuge de ta source minérale  ?

C'est pourtant au cœur de son jeu habile
Que j'entendis presque inaudible,
 Et Imperceptible, ton craquement :
Ta voix d'éclairs, écrasant l'air de ton timbre éclatant.

Tu me dis que ta danseuse impérieuse,
Indocile à tes pas immobiles
T'avait conduit loin de ton cœur de bois
Qui s'était refermé sur lui-même, pour se protéger des grand froids.

Que pour répondre à sa voix rieuse
Qui avait frôlé l'insolence de l'instant,
Tu avais exaucé ses paroles 'supplieuses'.

Que ton  tissu d'écorces encore endormi  du printemps,
 Avait frissonné pour la première fois,
Craquelé comme le vieux cuir tanné
Du temps.

Tu me dis qu'elle était née du grand vent,
Qu'elle dansait sur la brise
Comme d'autres chantaient le mauvais temps.

Que sa main plus forte qu'un séisme
T'avais caresser comme le chant velours du rouge-gorge,
 T'avais conquis par son doux parfum de vanille
Aux accents blonds-d'orge-dorés,
Parfumés d'embruns de lointaines îles,
Au thym-passion-sucré.

Tu me dis que seules tes racines t'avaient empêché
De la rejoindre dans les hauteurs du ciel transparent.
Que de toi-même tu les aurais sans doute coupées
Si elle ne t'avait pas supplié à l'oreille
De les épargner de l'ardeur du soleil
Que l'été persistant
Aurait sacrifié au ciel brûlant.

Que le soleil chaud de la saison
Tomberait sur elles
Sans se soucier de la terre
Nourricière ouverte aux quatre vents.

Que voulait-t-elle donc,
Cette dame aux allures inhabituelles?
Qui était-elle donc, derrière son mystère,
Et son apparat d'hirondelle ?

Une danseuse invisible,
Invincible,
Voyageuse des grands vides et complice du beau temps,
Libre comme l'air
Transparente comme une eau claire
Qui pleut du printemps,
Quand la neige éternelle des sommets éclatants
La jalouse même en secret,
Comme si le désert
Venait l'exhorter à fondre sur le champ.

N'avait-elle plus qu'un rêve à exaucer
Pour faire de sa vie son compagnon,
Du visible son amant,
Apparaitre en image pour se laisser mourir pour de bon...
Une image que le plus aveugle verrait dans l'instant.

Rester là auprès de ce géant de terre,
Qui aurait su la faire prisonnière
Pour un court instant,
La retenir loin de son repos éphémère
Pour qu'elle se repose enfin,
Pour ne rien faire...

Contempler, respirer l'air
Comme l'arbre épris du vent,
Comme l'enfant que nous avons tous été
Qui peut passer sa journée, tout son temps,
A regarder les branches  jouer avec le vent,
Se laisser transporter avec elles
Le temps que le ciel les prenne
Et les enmène dans ses ailes
Tourbillons.



Philippe David Belardi,  Contes, poèmes et nouvelles pour petits et grands enfants,  2017.